« La radio d’avant n’était quasiment pas contrôlée ! »

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Source : Facebook Stéphane CAMIN.

Stéphane CAMIN, journaliste charismatique de la radio des jeunes NRJ depuis 1996 et implanté à Toulouse depuis 1998, raconte dans cette interview comment la radio est passé du collage de bande en indépendant à des géants du média avec des logiciels et des techniques numériques. Il parle de son rapport à la radio et des changements qu’il a pu ressentir.

ISCPA : En 24 ans de métier, avez-vous ressenti des changements dans le domaine de la radio?

Stéphane Camin : Oui, les changements ont été principalement du coté professionnel. La radio d’avant n’était quasiment pas contrôlée, avant c’était très libre, voire trop libre. Aujourd’hui les techniques sont plus précises et on est plus encadrés! Au niveau de la redac’ par exemple c’était du tatillon, et maintenant il y a un book de la rédaction à suivre, les journalistes doivent faire attention à l’écriture, aux articles ou flashs et surtout aux auditeurs que l’on vise!

Pour ma part à NRJ  j’ai appris que pleins de sujets étaient oubliés puisqu’ils ne concernent pas notre auditoire, comme les retraites, la politique… Mais en revanche on accompagne les jeunes, on les encourage à aller voter, c’est plus un coté paternaliste! On les éduque nos jeunes!

IC : La tranche d’âge des auditeurs a-t-elle évolué depuis les nouvelles plateformes de streaming? 

S.C : Pour dire vrai, pas d’évolution particulière! 

« Les plateformes de streaming ont un peu fragilisé la tranche des 15-20ans, mais sans plus… »

La tranche d’âge reste 15-35 ans. NRJ étant une radio musicale et de divertissement, on attire surtout les jeunes!

IC : Sentez-vous votre profession menacée par les nouvelles applications d’informations et plateformes de streaming?

S.C : Non, pas menacée. Les gens ont besoin de la radio, ils ont besoin de s’informer ! La musique c’est bien mais l’information reste l’information. Chez certains concurrents plus traditionnel, l’audience a baissé depuis le streaming. Mais pour NRJ qui lie le divertissement avec Cauet et Manu, à la musique récente et à l’information, nous ne sommes pas menacés !

IC : Comment décririez vous le rôle de la radio aujourd’hui?

S.C : Pour moi, la radio, et particulièrement la mienne, c’est se marrer le matin tout en étant informé avec un peu de musique commerciale. Ça permet de relâcher la pression, tout en suivant l’actualité. 

IC : Au sein de la radio, la Covid19 a-t-elle apporté des changements d’ordre distanciel ou sanitaire ? Si oui comptez-vous garder et adopter ces changements une fois la pandémie passée?

S.C : Les rendez-vous n’ont lieu qu’en visioconférence, les événements ont chuté ce qui a entrainé une grosse perte de chiffre d’affaire.

« L’équipe s’accorde sur le fait que l’on a perdu de l’humain de notre métier.»

Durant le confinement, personne n’a pu vraiment travailler du 17 mars au 18 mai puisque aucun de nous n’a le matériel professionnel nécéssaire. Les gens refusaient les interviews en réel depuis le virus, mais on a pu les continuer en Teams. Mise à part le fait que l’on peut enchainer des rendez vous sans se déplacer, aucun changement ne sera vraiment adopté.

IC : Pouvez vous nous parler des évolutions en terme technologique depuis vos débuts en radio? 

S.C : L’évolution a été plus qu’importante. Je me souviens, à mes débuts les tables de mixage étaient classiques avec des bandes à couper, raccourcir et coller. Maintenant tout est en numérique. Le Park Informatique, les logiciels et le E-News permettent d’écrire nos flashs et de les faire vérifier directement par les redac’ chef de Paris. Avant ce n’était même pas imaginable. Comme j’ai dit au début, le professionnalisme et la précision ont changé entièrement! On est plus contrôlés, il y a moins de risque de se perdre dans des informations inutiles ou d’en faire trop…

Tom KUNTZ, Lola SOUPIROT, Julia ARNOULT, Shanna MAFFRE, Louis LE BARS.

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