Entre 21h et 23h, les journalistes de La Dépêche du Midi s’activent pour le bouclage. Christophe Rauzy, rédacteur en chef adjoint, fait découvrir un média emblématique du sud ouest qui tire désormais 35 % de ses revenus du web.
La transition vers le numérique fut spectaculaire. « En 2012, on est parti de rien. Le web était un simple complément, rappelle Christophe Rauzy. C’est en 2018 qu’on a décidé d’investir dessus, puis le Covid a accéléré la transformation. » Le journal a alors adapté son organisation pour réagir à l’érosion des ventes papier. « Aujourd’hui, tout est numérique. Il n’y a plus deux rédactions séparées : l’unique rédaction produit d’abord pour le web avant d’adapter pour le papier. »
L’audience a bondi, passant de 19,5 millions de visites annuelles en 2019 à plus de 80,7 millions aujourd’hui. Le journal s’impose comme le 2ᵉ site de presse régionale en France.
L’abonnement, nerf de la guerre
Pour monétiser ce trafic, l’abonnement payant est crucial. Cela passe par l’éditorial, en s’engageant à produire des contenus de qualités selon le rédacteur en chef adjoint : « On va multiplier les séries, les dossiers poussées, les portraits ». Pour le journal, des avantages exclusifs font pleinement partie de la stratégie de fidélisation. « L’idée, c’est d’offrir des avantages premium à nos abonnés, explique Christophe Rauzy. On a par exemple des prix sur des voyages qu’on organise. On propose aussi des places pour le Stade Toulousain ou le TFC, car nous sommes partenaires. »
Ce modèle fait face à de nouveaux obstacles. Le média reste dépendant du référencement web (SEO). De plus, l’IA et les moteurs de recherche résument désormais les articles directement dans leurs résultats. Les lecteurs lisent ces synthèses sans forcément visiter le site. Inciter le public à s’abonner directement demeure ainsi le plus grand enjeu.
Hugo Desfresne, Nikita Duranceau-Gendron, Albane Icher, Lana Routier, Gatien Venon

