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« Mettre de l’huile dans les rouages » la mission de Pascal Pallas directeur adjoint du Groupe Actu

« Mettre de l’huile dans les rouages » la mission de Pascal Pallas directeur adjoint du Groupe Actu

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Pascal Pallas présente le Groupe Actu aux étudiants de l’ISCPA. Photo : Laurine Gonnet.

 

Depuis janvier 2026, À Toulouse, Pascal Pallas est directeur adjoint du Groupe Actu, filiale de Sipa Ouest-France. Un métier à la croisée du journalisme, du management et de la stratégie. Le directeur adjoint revient sur l’évolution d’un métier dans lequel il faut aussi créer les conditions permettant aux journalistes de travailler.

Vous êtes passé du journalisme à des fonctions de direction. Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre quotidien ?

Cela fait seulement neuf ou dix mois que je suis directeur adjoint, même si j’avais déjà assumé de nombreuses responsabilités auparavant. Aujourd’hui, une part importante de mon métier c’est management, c’est à dire « mettre de l’huile dans les rouages« . Il faut veiller au fonctionnement de l’ensemble du groupe Actu, accompagner les équipes, suivre les projets et participer aux recrutements. Il y a aussi toute une dimension pratique : régler les problèmes matériels ou faire intervenir un technicien lorsque c’est nécessaire et répondre aux lecteurs mécontents.

Vous considérez-vous toujours comme un journaliste ?

Oui. Le journalisme ne se limite pas à écrire des articles ou à partir sur le terrain. Il consiste aussi à garantir les conditions dans lesquelles l’information est produite. Au Groupe Actu, nous travaillons avec près de 400 journalistes. Actu.fr représente environ 100 millions de visites par mois.

Quelle est la principale difficulté lorsqu’on dirige une rédaction ?

Il faut savoir écouter, mais aussi arbitrer. Des désaccords peuvent apparaître entre les journalistes et la direction. L’essentiel est de discuter, de comprendre les différents points de vue et de prendre une décision. Un responsable doit ensuite être capable de l’assumer.

En 2014, vous avez été poursuivi puis relaxé, pour complicité de diffamation après la publication du témoignage d’anciens militants du Front national. Vous souligniez le soutien de votre employeur. Avec cette expérience, comment réagiriez vous si un journaliste du Groupe Actu était poursuivi en justice ?

Le soutien de l’employeur est très important. À l’époque, le fait que mon groupe me soutienne et prenne en charge mes frais d’avocat a été essentiel. Aujourd’hui, si un journaliste du Groupe Actu se retrouvait dans une situation similaire, il faudrait d’abord examiner les conditions dans lesquelles le travail a été réalisé. Si les informations ont été vérifiées, c’est mon rôle, en tant que directeur adjoint du groupe Actu, d’ accompagne le journaliste, y compris sur le plan juridique.

 

Anas, Laurine, Fanélie, Zoé et Bastien

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Actu Toulouse, le média pure player qui rivalise avec les géants nationaux

Actu Toulouse, le média pure player qui rivalise avec les géants nationaux

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Pascal Pallas, directeur adjoint chez Groupe Actu. Photo de Léa Briols

Ce lundi 12 octobre, les étudiants de l’ISCPA de Toulouse ont eu la chance de visiter les locaux d’Actu Toulouse à Balma, présentés par le directeur adjoint du groupe : Pascal Pallas. Ce média est majoritairement un pure player, autrement dit, il est 100% numérique, rattaché à la plateforme Actu.fr et créé en 2017.  Aujourd’hui, le média rivalise avec les plus grands grâce à ses 100 millions de visites mensuelles du site.

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Christophe Rauzy : l’initiateur du « Web First » à la Depeche du Midi

Christophe Rauzy : l’initiateur du « Web First » à la Depeche du Midi

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Christophe Rauzy, rédacteur en chef adjoint à La Dépêche, devant les étudiants de l’ISCPA. Photo Justine MAYO. 12 octobre 2026.

À l’occasion de la troisième et dernière journée de Tour E-Media, les étudiants en journalisme de l’ISCPA ont fait la rencontre de Christophe Rauzy, rédacteur en chef adjoint à la Dépêche du Midi de Toulouse. Il explique comment la Dépêche s’est transformée pour mettre en place sa politique de « Web First ».

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« Les journaux ne sont plus l’ avenir  » interview avec Pascal Pallas

« Les journaux ne sont plus l’ avenir  » interview avec Pascal Pallas

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Visite des locaux d’ Actu Toulouse, en présence de Pascal Pallas. Photo Laurine Gonnet. 

Pascal Pallas directeur adjoint du groupe Actu, un des rares médias encore indépendant. Actu Toulouse est essentiellement connu pour son site internet avec 100 millions de visites par an (source Acpm) et sa présence sur les réseaux sociaux. Une adaptabilité au cœur du succès. 

Actu Toulouse s’ est imposé parmi le top 10 des médias en étant essentiellement sur internet , pourquoi  ce choix  ?

La production web coûte moins cher que la production papier, et les gens aujourd’ hui on besoin d’ une information rapide et courte. Internet est la meilleure solution pour ce format là. De plus notre média se focalise vraiment sur l’ actualité locale, nos lecteurs s’ intéressent beaucoup plus à ce qui se passe autour de chez eux, plutôt qu’ a l’ autre bout de la France.

 » il faut être à la hauteur des attentes des spectateurs « 

Avec 100 millions de visites par an sur votre site internet, comment s’ adapter aux lecteurs ?

On a un un public très varié ça va de 17 ans à 80 ans  donc on va cibler la tranche d’ âge de 25 à 55 ans et diffuser l’ information sur différents réseaux selon le public. Pour les plus jeunes Tik Tok va être priorisé et selon le cadre qu’ on donne on va pouvoir un peu plus vulgariser les informations, pour s’ adapter à des lecteurs plus jeune. Pour les plus âgés Facebook et Instagram son très pratique aussi. En étant sur les réseaux on espère attirer plus de monde sur notre site principal.

 » La volonté des journalistes étaient de s’ interdire l’ utilisation de l’ intelligence artificielle pour écrire des articles  « 

Internet évolue très vite comment faites vous pour gérer l’ émergence  de l’ utilisation de l’ IA ? 

On s’ interdit d’ utiliser l’ IA pour notre travail, on veut grader ce côté authentique du journalisme. On a même mis en place une charte pour interdire l’ utilisation de l’ intelligence artificielle pour la rédaction des articles.  Les seuls moments où on peut l’ utiliser c’ est pour gagner du temps, donc corriger les fautes orthographiques ou pour trier les mails. Mais c’ est vrai que c’ est très compliqué de gérer cette utilisation exponentielle de cet outil. Elle nous a fait perdre 11% d’ audience depuis les réformes Google du le 22 juillet, elle nous a donc beaucoup impactée.

Célie Favot  Justine Mayo Léa Briols Lilian Béziat Valentin Rivière   Groupe 2

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« C’est comme ça que j’ai pris goût à raconter les histoires de l’industrie et des usines »

« C’est comme ça que j’ai pris goût à raconter les histoires de l’industrie et des usines »

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L’ISCPA a eu le plaisir d’accueillir Pierrick Merlet, journaliste à La Tribune, ce fut l’occasion de l’interroger sur son métier de journaliste spécialisé dans l’industrie et plus précisément dans l’économie du pourtour toulousain.

Quelle vision avez-vous de l’économie en Occitanie ?

Il y a un beau terroir à Toulouse, on retrouve le secteur de la santé qui s’impose de plus en plus depuis ces dernières années grâce à l’Oncopole. Il y a également l’émergence de nombreuses entreprises dans le domaine de l’intelligence artificielle ou encore de l’automatisation. Mais les secteurs les plus importants de la région restent l’agriculture, l’agroalimentaire et bien sûr le domaine aéronautique et spatial.

Quelle place occupait le secteur de l’aéronautique dans votre métier ?

Aujourd’hui, il n’y a plus de pôle de La Tribune à Toulouse. Mais quand j’y étais, évidemment, le secteur aéronautique et spatial possédait une place majeure, car en termes de poids politique, c’est ce qui fait vivre la région. Le secteur apporte environ 85 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’échelle nationale, évidemment, je pense directement à l’entreprise Airbus, environ 26 000 à 27 000 employés.

Y a-t-il un secteur économique qui peut émerger dans la région ?

Alors, je n’ai pas de boule de cristal, mais il y a des entreprises dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’automatisation qui émergent de plus en plus, je pense notamment à ce qu’on appelle un cluster, qui regroupe des petites entreprises comme des plus grandes, qui a été créé à Toulouse. Il y a également l’entreprise Delair basée à Toulouse, qui fait parler d’elle depuis deux ans, car elle produit des drones, qu’on appelle des MTO (des munitions européennes) pour l’Ukraine. Actuellement, elle fait 500 000 euros de chiffre d’affaires alors que l’entreprise a été créée en 2011.

Comment trouviez-vous des informations économiques à l’échelle locale ?

Le journalisme, c’est un métier humain, il faut aller sur le terrain, parler avec les gens et se faire des contacts. Le but n’est pas de sortir une information directement de ces échanges, c’est juste que les gens vont te donner des petits indices, et puis au bout d’une à deux semaines, ça fait une info. Je passe mon temps à noter des petites citations à droite et à gauche, puis quand je sens que j’ai un truc solide, je sors un article.

Je parlais tout à l’heure de l’entreprise Delair, je la connais depuis mes débuts alors qu’elle n’était pas connue il y a dix ans. Il ne faut pas avoir peur d’y aller.

Timothée Costa, Lisa Lesca, Nathan Degude et Anna Loiseau

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La Tribune, un renouveau depuis le rachat ?

La Tribune, un renouveau depuis le rachat ?

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La Tribune est un journal national économique créé en 1985. En 2023, le groupe CMA CGM de Rodolphe Saadé,  également propriétaire de BFM TV et RMC, rachète le média et met en place un hebdomadaire : La Tribune du dimanche.

Le rachat de la Tribune a rebattu les cartes avec une nouvelle stratégie et de nouvelles ambitions.

Suite au rachat du média par CMA CGM, un hebdomadaire est créé : La Tribune dimanche. Le journal est toujours mis à jour en ligne régulièrement mais seul l’édition dominicale est imprimée. Elle est plus variée avec notamment de l’actualité politique nationale comme internationale. La Tribune obtient alors de nouveaux lecteurs via l’hebdomadaire plus généraliste. “On propose un abonnement commun pour la Tribune et la Tribune du dimanche, ce qui a augmenté notre nombre de lecteurs », indique Pierrick Merlet, journaliste pour La Tribune.

Un avenir à plusieurs

En concurrence avec Les Échos sur le marché du journalisme économique, La Tribune, depuis le rachat, s’appuie sur le cross plateforme, “ Cela permet de diffuser le même contenu mais sous différentes formes », explique Pierrick Merlet, spécialisé dans le secteur industriel. “Ça nous donne un avantage sur la concurrence”.

Le développement du numérique

Le titre était déjà un pure player numérique avant le rachat, mais la transformation s’est poursuivie. En 2025, La Tribune lance  de nouveaux dispositifs : un quotidien numérique chaque soir, une nouvelle maquette et des newsletters personnalisées selon les régions.

Une présence territoriale

La société CMA CGM a pour but de développer son ancrage local en associant La Tribune avec d’autres journaux locaux comme La Provence.

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LA TRIBUNE : ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

LA TRIBUNE : ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

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La chute de la presse contraint les journalistes à s’adapter. En 2001, La Tribune vendait près de 102 000 journaux, contre 51 000 en 2025. Pierrick Merlet, journaliste à La Tribune depuis 2016, a dû s’adapter aux différents formats journalistiques actuels, entre journal papier et web média. 

 

Des changements stratégiques

 

Depuis le rachat en 2023 par le groupe CMA Média, la stratégie de diffusion du journal a évolué. La Tribune, un média économique, a été intégré aux pôles économiques de CMA Média comprenant notamment BFM, BFM Business, RMC … « L’objectif à terme est qu’un invité venant s’exprimer dans La Tribune puisse être interviewé à la télé sur BFM tout en proposant un décryptage sur RMC », déclare Pierrick Merlet. Bien que la collaboration soit un point clé de cette stratégie, la même information peut être traitée différemment afin de préserver l’ADN de chaque entité.

 

Une diversification des sujets

 

Afin de lutter contre la baisse du lectorat, la multiplication des sujets est une solution envisagée par La Tribune. C’est à la base un quotidien publié sur le web sur des sujets purement économiques. La création de La Tribune du Dimanche, un journal  hebdomadaire plus politique, offre d’autres possibilités aux lecteurs et de potentiels nouveaux abonnés. « L’idée est d’avoir deux publics qui peuvent se retrouver sur certains sujets qui ont certaines complémentarités bien qu’ils soient distincts », expose Pierrick Merlet. Cette stratégie permet de concurrencer d’autres journaux économiques historiquement plus importants tels que Les Échos. « Mais Les Échos ne disposent pas de la même approche multimédia, ils sont seuls », explique Pierrick Merlet.

 

Hugo Desfresne, Nikita Duranceau-Gendron, Albane Icher, Lana Routier, Gatien Venon

 

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« Sortir de sa zone de confort »

« Sortir de sa zone de confort »

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Journaliste à La Tribune, Pierrick Merlet s’est progressivement spécialisé dans les questions industrielles après plusieurs années consacrées à l’économie régionale. De ses débuts à Toulouse à son passage à l’échelon national, il raconte comment la curiosité, le terrain et les contacts lui ont permis de construire son expertise.

Comment êtes-vous passé du journalisme sportif que vous envisagiez étudiant à la spécialisation dans l’industrie ?

Quand j’étais étudiant, les médias commençaient à s’intéresser davantage aux questions économiques. L’économie est partout et fait partie de notre quotidien. Je me suis ensuite tourné vers l’industrie parce que j’aime le concret et le terrain. Je préfère rencontrer ceux qui font les choses plutôt que de commenter de grands concepts. Aujourd’hui, je passe beaucoup de temps dans des usines et je peux aussi bien voir des avions que des centrales nucléaires. C’est un secteur très concret et en pleine évolution.

Du niveau régional au niveau national, avez-vous dû changer votre façon de travailler ?

Non, c’est surtout le champ d’action qui change. Au début, il a fallu faire un travail de réseau : passer du temps à Paris, me présenter et rencontrer des personnes. Le plus difficile, c’est de se faire connaître. Aujourd’hui, j’ai davantage de contacts et les informations viennent plus facilement. Mais c’est justement un danger : il ne faut pas tomber dans le confort. Je continue donc à rencontrer des gens et à aller sur le terrain.

« Le contact, c’est essentiel »

Comment construit-on justement ce réseau de contacts ?

Connaître directement les personnes permet d’aller beaucoup plus vite. Quand on suit une entreprise pendant plusieurs années, on connaît ses dirigeants et ses chefs de projet. Cela crée une relation de confiance. Même au niveau national, c’est pareil : une fois qu’on a eu sa « porte d’entrée », il faut entretenir le lien. Le contact humain est essentiel.

Comment avez-vous appris un domaine aussi technique que l’industrie ?

J’avais déjà une première connaissance de l’industrie grâce à mes années à Toulouse et aux visites d’usines. Mais il a fallu approfondir. Cela passe par les interviews, le terrain, la documentation et un travail personnel. La revue de presse est un ingrédient essentiel du métier : lire ce que font les autres permet de détecter des sujets et de trouver son propre angle.

Selon vous, quel est aujourd’hui le principal défi en 2026 pour devenir un bon journaliste ?

La curiosité. Elle implique d’aller vers les autres et de garder le contact humain. Avec l’intelligence artificielle, on peut produire du contenu très rapidement, mais le journaliste doit vérifier, approfondir, mettre une information en contexte et confronter les versions. Le grand danger est de tout faire depuis son téléphone ou son ordinateur sans sortir. Même en 2026, il faut donc continuer à aller sur le terrain.

Rouby Alexandre et Pennavaire Guichou Jean

 

 

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La Tribune, un média hybride.

La Tribune, un média hybride.

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Lire l’actualité sur son téléphone puis prendre le temps de feuilleter le journal le dimanche. Pour s’adapter aux habitudes du lecteur, La Tribune, un  média économique et financier français mise sur un modèle hybride : information numérique en semaine et papier le dimanche depuis 2023.