« Sortir de sa zone de confort »

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Présentation de Pierrick Merlet, journaliste à La Tribune

Journaliste à La Tribune, Pierrick Merlet s’est progressivement spécialisé dans les questions industrielles après plusieurs années consacrées à l’économie régionale. De ses débuts à Toulouse à son passage à l’échelon national, il raconte comment la curiosité, le terrain et les contacts lui ont permis de construire son expertise.

Comment êtes-vous passé du journalisme sportif que vous envisagiez étudiant à la spécialisation dans l’industrie ?

Quand j’étais étudiant, les médias commençaient à s’intéresser davantage aux questions économiques. L’économie est partout et fait partie de notre quotidien. Je me suis ensuite tourné vers l’industrie parce que j’aime le concret et le terrain. Je préfère rencontrer ceux qui font les choses plutôt que de commenter de grands concepts. Aujourd’hui, je passe beaucoup de temps dans des usines et je peux aussi bien voir des avions que des centrales nucléaires. C’est un secteur très concret et en pleine évolution.

Du niveau régional au niveau national, avez-vous dû changer votre façon de travailler ?

Non, c’est surtout le champ d’action qui change. Au début, il a fallu faire un travail de réseau : passer du temps à Paris, me présenter et rencontrer des personnes. Le plus difficile, c’est de se faire connaître. Aujourd’hui, j’ai davantage de contacts et les informations viennent plus facilement. Mais c’est justement un danger : il ne faut pas tomber dans le confort. Je continue donc à rencontrer des gens et à aller sur le terrain.

« Le contact, c’est essentiel »

Comment construit-on justement ce réseau de contacts ?

Connaître directement les personnes permet d’aller beaucoup plus vite. Quand on suit une entreprise pendant plusieurs années, on connaît ses dirigeants et ses chefs de projet. Cela crée une relation de confiance. Même au niveau national, c’est pareil : une fois qu’on a eu sa « porte d’entrée », il faut entretenir le lien. Le contact humain est essentiel.

Comment avez-vous appris un domaine aussi technique que l’industrie ?

J’avais déjà une première connaissance de l’industrie grâce à mes années à Toulouse et aux visites d’usines. Mais il a fallu approfondir. Cela passe par les interviews, le terrain, la documentation et un travail personnel. La revue de presse est un ingrédient essentiel du métier : lire ce que font les autres permet de détecter des sujets et de trouver son propre angle.

Selon vous, quel est aujourd’hui le principal défi en 2026 pour devenir un bon journaliste ?

La curiosité. Elle implique d’aller vers les autres et de garder le contact humain. Avec l’intelligence artificielle, on peut produire du contenu très rapidement, mais le journaliste doit vérifier, approfondir, mettre une information en contexte et confronter les versions. Le grand danger est de tout faire depuis son téléphone ou son ordinateur sans sortir. Même en 2026, il faut donc continuer à aller sur le terrain.

Rouby Alexandre et Pennavaire Guichou Jean

 

 

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