Christophe Rauzy, rédacteur en chef adjoint de la Dépêche du Midi. Crédit : LG
À l’heure du tout numérique, la dépêche compte aujourd’hui près de 240 000 000 de visites sur son site internet par an. Le défi : ramener le lectorat papier sur le web et promettre une vraie qualité d’information. Christophe Rauzy, rédacteur en chef adjoint de la dépêche depuis 2020 ouvre les portes du siège situé pour comprendre les rouages et enjeux de cette transition.
Le pôle actualité de la Dépêche fournit à présent le site internet avant le papier. Durant la crise sanitaire du Covid-19, les fréquentations mensuelles du site ont explosé atteignant les 30 millions de visite et l’investissement du groupe a suivi. Depuis, les visiteurs numériques ne font qu’augmenter mais encore faut-il renouveler les stratégies pour maintenir ce public.
La presse écrite comme vecteur principal
« La presse écrite ne va pas très bien, financièrement on traverse une période compliquée » déclare Christophe Rauzy mais elle reste la principale vente de la depêche. Elle représente 65% des recettes et les amoureux du papier sont attachés aux journaux vendus dans les kiosques et les bureaux de presse. 90 000 journaux sont vendus chaque jour avec une part d’abonnés à hauteur de 61 000 et une vente au numéro de 26 000 journaux. Un déclin évident face aux 365 000 exemplaires vendus en 2015.
Une volonté de s’imposer sur internet
« Le numérique est un terrain » explique Christophe Rauzy, le site est alimenté dès le matin avant même que le papier n’arrive aux mains du lectorat. L’actualité dite « chaude », celle qui est la plus frappante est postée et gérée par un « desqueur », un journaliste qui fournit en continu les informations sur le site web. Ce choix de priorité justifie la 9e place du groupe dans le classement des sites d’information en France. Mais conserver un lectorat numérique demande de redoubler d’efforts et d’adopter une stratégie pour conserver les fréquentations numériques.
Une fidélisation du lectorat en ligne
« Une stratégie de conquête d’abonnés » justifie Christophe Rauzy, l’objectif est de promouvoir l’abonnement payant du site. Il est promis une production exclusive de contenu : éditos, portraits de grandes figures toulousaines, suivis d’enquête. Tout est mis en place pour prouver la qualité de l’abonnement web. Une stratégie marketing avec des prix sur des voyais ou des places de matchs à prix réduit est proposée. Le web représente 35% des recettes du groupe mais les ambitions avant 2030 sont d’arriver à égalité avec la presse papier.

