Léa Masseguin : « Nos journées finissent rarement comme prévu »

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Depuis six ans, Léa Masseguin couvre l’Afrique du Nord au service international de Libération. Elle raconte son quotidien et ses méthodes de travail aux étudiant·es de première année de journalisme de l’ISCPA Lyon.

Concrètement, à quoi ressemble votre métier ?

Je suis responsable d’une zone, l’Afrique du Nord, mais je travaille depuis la rédaction, au desk. Je suis envoyée spéciale trois à cinq fois par an, quand l’actualité l’exige. Par exemple, s’il y a un séisme au Maroc, on me dit : « Peux-tu partir demain ? » Et je pars.
Le reste du temps, j’arrive au bureau vers 9 h 30-10 h et je commence ma veille en ouvrant les dépêches AFP. Ensuite, je rédige mes articles : ils doivent être vérifiés, actualisés et apporter le contexte nécessaire. Le plus grand défi, c’est d’établir les faits sans être sur place.
Mais tout peut basculer en cours de journée. Parfois, de gros événements imprévus se produisent le soir et repoussent mon départ de la rédaction. Un coup d’État au Mali m’a déjà obligée à refaire une page à 19 h, alors que tout part à l’imprimerie vers 21 h.

Un coup d’État au Mali m’a déjà obligée à refaire une page à 19 h

Comment fait-on une veille ?

La première source des journalistes français, c’est l’AFP (Agence France-Presse). Tous les médias y sont abonnés et reçoivent les dépêches en continu. On peut filtrer par mot-clé : je tape « Maroc » ou « Algérie » et je ne vois que ce qui m’intéresse. J’y ajoute les médias locaux, les sources institutionnelles, les rapports d’ONG qui nous sont envoyés, les réseaux sociaux et les contacts qui m’écrivent sur WhatsApp. Je n’utilise pas TikTok, mais les étudiants m’en parlent : c’est visiblement une vraie source d’information.

Comment s’organise la rédaction ?

Le service international se réunit une fois par semaine, le mardi à midi, pour réfléchir à des sujets plus longs. Et tous les matins à 9 h 30, les chefs de service se réunissent : chacun défend son sujet pour le faire passer en une.

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants pour devenir les meilleurs journalistes possibles et en vivre ?

N’hésitez pas à vous connecter chaque matin à l’AFP jusqu’à ce que ça devienne un réflexe.

Connectez-vous chaque matin à l’AFP, jusqu’à ce que ça devienne un réflexe. Tapez « Lyon », « Rhône-Alpes », le nom de votre ville ou de votre région : ça donne des idées de sujets. Lisez aussi tous les médias que vous allez rencontrer, comme Le Progrès ou Lyon Décideurs. Et allez toujours vérifier à la source.
Côté salaire, cela dépend de l’âge, de l’expérience et du média. Pour ma part, à Paris, j’étais payée environ 3 000 euros brut, soit 2 200 euros net environ. Le salaire évolue ensuite avec l’ancienneté et l’expérience.
Ce que j’aime le plus, c’est l’absence de routine : on ne fait jamais deux fois la même journée.

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