Passé de l’hebdo au mensuel pour privilégier l’enquête, Lyon Capitale assume de prendre son temps. Mais sur le terrain, son rédacteur en chef, Guillaume Lamy, raconte aussi les risques du métier.
Le mensuel, un choix d’enquête
Lancé dans les années 1990 sous la forme d’un hebdomadaire, Lyon Capitale devient mensuel en 2008. Objectif : se démarquer dans un paysage médiatique lyonnais alors très concurrentiel.
Le magazine se revendique aujourd’hui comme un média d’enquête. Avec un mois de recul sur les quotidiens, « l’information a le temps d’être vérifiée et non traitée à chaud », confie Guillaume Lamy, qui nous a reçu·es dans ses locaux.
Le journal publie aussi deux hors-séries par an, l’un en été, l’autre en hiver, consacrés à des sujets plus légers. Ils permettent « d’apporter une source de revenus plus importante via la publicité », explique le rédacteur en chef.
Un journaliste menacé de mort
Ce rythme plus lent ne coupe pas la rédaction du terrain : la présence physique des reporters reste indispensable. Et couvrir l’actualité chaude les expose parfois à la brutalité des événements.
Depuis la rentrée 2026, des mobilisations lycéennes ont lieu dans tout le pays. Lors de l’une d’elles, l’un des journalistes du magazine filme un drapeau français incendié au-dessus d’un arrêt de bus. Un homme s’approche et lui demande d’effacer la vidéo. Il refuse. Une dizaine d’hommes cagoulés se détachent alors du cortège et le prennent à partie. Aucun policier, aucun autre journaliste n’est présent pour lui venir en aide. Les hommes lui font savoir qu’ils connaissent l’adresse de la rédaction, puis profèrent des menaces de mort à son encontre.
La rédaction a choisi de ne pas porter plainte. « Il n’y avait pas eu de violences physiques », justifie Guillaume Lamy.

