Christophe Rauzy, rédacteur en chef adjoint au sein de La Dépêche du Midi. Eléa EPS.
Rédacteur en chef adjoint au sein de La Dépêche du Midi, Christophe Rauzy revient sur son expérience face à la méfiance croissante des médias et à l’exigence de plus en plus grande du public. Il partage sa vision sur un métier où la faute n’est plus permise et où la sécurité des journalistes devient obligatoire.
Vous avez été nommé rédacteur en chef adjoint en janvier 2023, pouvez vous nous raconter votre parcours pour arriver jusqu’ici ?
Après des études d’histoire à Bordeaux, j’ai intégré Sciences Po Toulouse puis l’école de journalisme de Toulouse (EJT). En 2003, je commence comme stagiaire à Montauban pour La Dépêche du Midi et travaille à France Télévisions, notamment comme rédacteur en chef adjoint chez FranceInfo. Par passion pour l’information locale, j’ai choisi de revenir à Toulouse. Aujourd’hui, je suis rédacteur en chef adjoint de La Dépêche.
Quel est votre rôle aujourd’hui auprès des journalistes sur le terrain ?
Mon rôle est double : je gère ce qui est actualité très urgente, que l’on appelle l’actualité “chaude” et je pilote les couvertures d’événements de mes journalistes sur le terrain.
On parle aujourd’hui d’un climat de détérioration entre les citoyens et les médias. Quel est votre avis sur la question ?
Oui, la tension est réelle. Aujourd’hui, on fait face à un public extrêmement exigeant. Les journalistes subissent une pression constante : ils n’ont plus du tout droit à l’erreur. Le fait est qu’il y a une confusion dans l’esprit du public entre le travail d’un journaliste de terrain et les prises de position des éditorialistes. Les journalistes ne sont pas des éditorialistes. Loin de là, ils ne donnent pas leur avis, ce sont des témoins et messagers.
Est-ce depuis toujours ou y a-t-il eu un basculement ?
Quand on prend du recul et que l’on observe les tensions qu’il y avait au XIXème siècle, on s’aperçoit que la défiance envers la presse existe depuis toujours. C’est vraiment à partir des années 1970 et 1980 qu’il y a eu un basculement de la presse vers la véracité des faits : elle va plus loin dans la vérification de ses sources.
Comment prépare-t-on une équipe de journalistes avant de l’envoyer dans une zone de tension ?
Je dirais que cela repose d’abord et avant tout sur une connaissance approfondie de ces équipes. Il faut savoir sur le moment qui est prêt ou pas (physiquement et mentalement) à aller au contact. Cependant, lors de très grandes tensions pendant lesquelles je sais que cela ne fera que mettre mes journalistes en danger, je préfère qu’ils travaillent et traitent l’événement à distance.
Entre l’info à tout prix et la sécurité des équipes, avez-vous une limite que vous vous fixez ?
On attend de moi, en tant que rédacteur en chef adjoint, que je prenne les bonnes décisions. Prendre de bonnes décisions, c’est parfois savoir dire “non”. Aucun scoop, aucune image, aucune info ne vaut la mise en danger de mes équipes. Pendant la crise des Gilets Jaunes par exemple, la tension était telle que les journalistes étaient caillassés, violentés. C’est dans ces moments-là qu’il faut prendre de la distance.
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Groupe 1 – Eléa, Augustin, Barbara, Amandine, Tom

