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Actu.fr : comment financer une information presque gratuite ?

Actu.fr : comment financer une information presque gratuite ?

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Pascal Pallas présente le Groupe Actu aux étudiants de l’ISCPA. Photo : Laurine Gonnet.

 

Accessible gratuitement en grande partie avec 70% de leur contenu , Actu.fr attire 100 millions d’utilisateurs en moyenne par mois. Mais derrière cette information de proximité se cachent des coûts importants : journalistes, déplacements, production et diffusion. Lors d’une visite de la rédaction toulousaine, Pascal Pallas le directeur adjoint du Groupe actu a expliqué aux étudiants de l’ISCPA comment le média finance son travail journalistique.­

La publicité, pilier du modèle économique

Comment produire de l’information sans faire payer systématiquement les lecteurs ? Pascal Pallas nous répond :«les principales sources de revenus reposent sur la vente de journaux papier, la publicité et les abonnements numériques». Un modèle qui doit permettre de financer le travail des rédactions tout en maintenant une information accessible au plus grand nombre.

Selon les chiffres communiqués par le Groupe actu, la plateforme actu.fr comptabilise environ 120 millions de visites mensuelles. Une audience importante qui représente un argument commercial pour attirer les annonceurs.

Un modèle gratuit peut-il durer ?

Derrière cette gratuité apparente, les moyens humains restent conséquents. Le Groupe actu revendique 850 salariés, dont 400 journalistes, répartis dans ses rédactions régionales. Historiquement implanté en Bretagne, le groupe s’est développé dans le sillage de Ouest-France.

Pour Pascal Pallas « le modèle d’une information gratuite ne peut pas durer sans financement, notamment publicitaire». Dans un secteur où les coûts de production demeurent importants, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre audience, revenus et qualité de l’information. Car si le lecteur ne paie pas toujours pour lire, produire une information fiable, elle, a un coût.

Google, une porte d’entrée essentielle

Actu.fr s’adresse à un public très large, de 17-18 ans jusqu’aux personnes âgées de 80 ans. Toutefois, son cœur de cible se situe entre 25 et 45 ans, selon Pascal Pallas. Autre chiffre marquant : environ 70 % des lecteurs arriveraient sur le site depuis Google. Cette dépendance aux moteurs de recherche souligne l’importance du référencement pour toucher le public et maintenir l’audience.

Le média mise avant tout sur l’information locale. « C’est notre force », explique Pascal Pallas . Raconter les histoires des habitants et couvrir l’actualité au plus près du terrain constituent l’ADN du groupe.

Lien de la vidéo : https://youtube.com/shorts/O6s9EfMlHlA?is=d1KG5OEJS8JUrIqU

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« Mettre de l’huile dans les rouages » la mission de Pascal Pallas directeur adjoint du Groupe Actu

« Mettre de l’huile dans les rouages » la mission de Pascal Pallas directeur adjoint du Groupe Actu

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Pascal Pallas présente le Groupe Actu aux étudiants de l’ISCPA. Photo : Laurine Gonnet.

 

Depuis janvier 2026, À Toulouse, Pascal Pallas est directeur adjoint du Groupe Actu, filiale de Sipa Ouest-France. Un métier à la croisée du journalisme, du management et de la stratégie. Le directeur adjoint revient sur l’évolution d’un métier dans lequel il faut aussi créer les conditions permettant aux journalistes de travailler.

Vous êtes passé du journalisme à des fonctions de direction. Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre quotidien ?

Cela fait seulement neuf ou dix mois que je suis directeur adjoint, même si j’avais déjà assumé de nombreuses responsabilités auparavant. Aujourd’hui, une part importante de mon métier c’est management, c’est à dire « mettre de l’huile dans les rouages« . Il faut veiller au fonctionnement de l’ensemble du groupe Actu, accompagner les équipes, suivre les projets et participer aux recrutements. Il y a aussi toute une dimension pratique : régler les problèmes matériels ou faire intervenir un technicien lorsque c’est nécessaire et répondre aux lecteurs mécontents.

Vous considérez-vous toujours comme un journaliste ?

Oui. Le journalisme ne se limite pas à écrire des articles ou à partir sur le terrain. Il consiste aussi à garantir les conditions dans lesquelles l’information est produite. Au Groupe Actu, nous travaillons avec près de 400 journalistes. Actu.fr représente environ 100 millions de visites par mois.

Quelle est la principale difficulté lorsqu’on dirige une rédaction ?

Il faut savoir écouter, mais aussi arbitrer. Des désaccords peuvent apparaître entre les journalistes et la direction. L’essentiel est de discuter, de comprendre les différents points de vue et de prendre une décision. Un responsable doit ensuite être capable de l’assumer.

En 2014, vous avez été poursuivi puis relaxé, pour complicité de diffamation après la publication du témoignage d’anciens militants du Front national. Vous souligniez le soutien de votre employeur. Avec cette expérience, comment réagiriez vous si un journaliste du Groupe Actu était poursuivi en justice ?

Le soutien de l’employeur est très important. À l’époque, le fait que mon groupe me soutienne et prenne en charge mes frais d’avocat a été essentiel. Aujourd’hui, si un journaliste du Groupe Actu se retrouvait dans une situation similaire, il faudrait d’abord examiner les conditions dans lesquelles le travail a été réalisé. Si les informations ont été vérifiées, c’est mon rôle, en tant que directeur adjoint du groupe Actu, d’ accompagne le journaliste, y compris sur le plan juridique.

 

Anas, Laurine, Fanélie, Zoé et Bastien